J’ai envie de crier : “Mais regardez donc ! Regardez le mystère ! Il vous crève les yeux !”
Et personne ne voit. Personne que moi.
Les gens voient des couleurs, des ombres, des lumières, des formes. Ils voient (que sais-je ?) peut-être la toile et les clous du châssis. Et moi, je ne comprends pas qu’ils ne puissent deviner toute la détresse qui est là, sous les yeux, comme elle était à la guerre : la clameur, la mort, l’amour, la trahison, le mensonge et la peur. Et beaucoup plus encore que je ne puis dire, mais que je sais faire.
Je dis bien : je sais faire.
| Date | Lieu et description |
|---|---|
2026 |
Journées Européennes du Patrimoine - 19 et 20 septembre 2026 Cathédrale de Maguelone 34750 Villeneuve-lès-Maguelone
Mater Dei février 1963 huile sur toile 73 x 60 |
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De courage, Montlaur n’en a pas manqué pendant les années de guerre. À partir d’octobre 1939, il participa à de nombreux raids en Sarre allemande avec les Corps Francs, des unités de combat de type commandos. En mai-juin 1940, il lutta avec acharnement contre l’avance allemande au-delà de la honteuse armistice signée par Pétain et le régime nazi. Son courage est mentionné par le professeur Guy Vourc’h dans son hommage prononcé lors de l’enterrement de son ami en Normandie, le 13 août 1977 : « Je le vis arriver (note : à Londres) au début de 1943, et lui offris d’entrer dans les Commandos, version moderne de la cavalerie, arme des reconnaissances, des coups de main audacieux. Nous ne nous sommes plus quittés. Chef de groupe, puis chef de section, ensemble, avec le Commandant Keiffer, avec Lofi, Hattu, Chausse, Bégot, Wallerand, nous avons forgé cet instrument d’attaque qui devait avoir l’honneur d’être choisi pour débarquer le premier, ici-même, sur le sol de France. Tous les officiers de ma compagnie blessés, c’est lui qui en prit le commandement. Puis ce fut Flessingue et Walcheren. Blessé à mes côtés, il refuse de se laisser évacuer. Son courage touchait à l’insolence ; il était humiliant pour l’ennemi : sept citations et la Légion d’Honneur à 25 ans. »
En février 1977, à six mois de sa mort, Montlaur ne la craignait pas, celle-là, si proche de lui depuis si longtemps.
Publié le 10/08/2026 par Michael — Divers
Aujourd’hui, 10 août 2026, cela fait 49 ans, au matin, j’étais avec lui à l’hôpital de Garches et je me demandais combien durerait l’agonie.
C’est le dernier mot de lui dont je me souviens.
Aujourd’hui je dois écrire un texte sur cette peinture qui ne plaira qu’à ceux qui la connaîtront déjà. Déjà, ça fait longtemps que je les connais toutes sans les connaître. C’est comme si je connaissais l’infini, ou rien.
Et le soir, car dans l’attente il faut bien continuer comme si… Le soir je festoyais avec de bons amis quand la nouvelle me surprit. Je le connaissais depuis déjà 25 ans et sa peinture me plaisait, déjà.
Bon voilà, mon texte est fait.
Déjà ?
Et il me plait.
C’est déjà ça.