Peintre du XXe siècle

Auto-portrait sans indulgence
Auto-portrait sans indulgence
huile, 36cm × 29cm
1969

À propos de Guy de Montlaur

J’ai envie de crier : “Mais regardez donc ! Regardez le mystère ! Il vous crève les yeux !”

Et personne ne voit. Personne que moi.

Les gens voient des couleurs, des ombres, des lumières, des formes. Ils voient (que sais-je ?) peut-être la toile et les clous du châssis. Et moi, je ne comprends pas qu’ils ne puissent deviner toute la détresse qui est là, sous les yeux, comme elle était à la guerre : la clameur, la mort, l’amour, la trahison, le mensonge et la peur. Et beaucoup plus encore que je ne puis dire, mais que je sais faire.

Je dis bien : je sais faire.

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Expositions en cours

Date Lieu et description

2026

Journées Européennes du Patrimoine - 19 et 20 septembre 2026

Cathédrale de Maguelone

34750 Villeneuve-lès-Maguelone

Mater Dei février 1963 huile sur toile 73 x 60

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Expositions passées

Pegasus before landing
Pegasus before landing
huile, 81cm × 65cm
Fontainebleau, 1956

Sélection

Hommage à Kandinsky
Hommage à Kandinsky
195 cm × 114 cm
Nice
Sans titre
Sans titre
65 cm × 100 cm
Fontainebleau 1950
L’espoir a fui
L’espoir a fui
92.5 cm × 60 cm
Paris 1960
Souvenir normand
Souvenir normand
46 cm × 55 cm
1972

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Exposition virtuelle

Sainte-Fabeau
Sainte-Fabeau
Huile sur toile, 100 cm x 81 cm
Fontainebleau, mars 1955

Sainte-Fabeau

Ce tableau est représentatif de la période où Montlaur vivait à Fontainebleau. Ce style caractéristique succède au style « abstrait-géométrique » du début des années 50 où formes et couleurs sont parfaitement définies et bien délimitées. Le peintre, après avoir « couvert la toile » , comme il dit, substitue le couteau à palette au pinceau : il casse les contours, les déforme, gratte les couches de peintures pour faire apparaître la ou les couleurs sous-jacentes, les formes résultantes deviennent des créatures fantomatiques, fantastiques, de sombres habitants de ses cauchemars incessants, de ses souvenirs de guerre.

Le titre de la peinture, provient du poème de Guillaume Apollinaire « Les sept épées ». Sainte-Fabeau est la cinquième de ces épées.

La cinquième Sainte-Fabeau
C’est la plus belle des quenouilles
C’est un cyprès sur un tombeau
Où les quatre vents s’agenouillent
Et chaque nuit c’est un flambeau

(Guillaume Apollinaire, Alcools, La chanson du Mal-Aimé, Les sept épées)

Dans cette strophe, c’est la mort qui est évoquée : la quenouille dans les mains de la Parque, le cyprès, le tombeau. L’épée peut être l’un des sept péchés capitaux ou l’un des glaives ayant transpercé le cœur de la Vierge. Comme toujours, Apollinaire joue sur le sens des mots, de même, le peintre joue sur la lumière, les couleurs et les formes de ses créations.

On voit, couchée dans le bas du tableau une forme grise avec un croix rouge, est-ce le tombeau ? d’autres formes, blanches tombent du ciel, d’autres, bleues et noires, agenouillées sont les quatre vents. Montlaur connaissait parfaitement tous les poèmes d’Alcools, il est certain qu’il a voulu reproduire fidèlement dans sa peinture les mots hermétiques du poète.

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Peinture qui ne plaira qu'à ceux qui la connaîtront déjà

Aujourd’hui, 10 août 2026, cela fait 49 ans, au matin, j’étais avec lui à l’hôpital de Garches et je me demandais combien durerait l’agonie.

  • Quel jour est-on ? me demanda-t-il,
  • le 10 août
  • Tiens !

C’est le dernier mot de lui dont je me souviens.

Aujourd’hui je dois écrire un texte sur cette peinture qui ne plaira qu’à ceux qui la connaîtront déjà. Déjà, ça fait longtemps que je les connais toutes sans les connaître. C’est comme si je connaissais l’infini, ou rien.

Et le soir, car dans l’attente il faut bien continuer comme si… Le soir je festoyais avec de bons amis quand la nouvelle me surprit. Je le connaissais depuis déjà 25 ans et sa peinture me plaisait, déjà.

Bon voilà, mon texte est fait.

Déjà ?

Et il me plait.

C’est déjà ça.

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